Les armes à feu ont connu une évolution spectaculaire au cours du dernier millénaire, depuis l'époque où elles ont commencé à supplanter l'épée et la lance en tant qu'équipement principal des armées occidentales.
Certaines des armes les plus emblématiques au monde, à l'image des pistolets Smith & Wesson ou Ruger, sont nées aux États-Unis. Si certaines ont été conçues pour des usages civils, d'autres sont entrées dans la légende grâce à leur robustesse à toute épreuve sur le champ de bataille.
Voici notre sélection des quatre armes les plus célèbres de l'Histoire, choisies pour leur longévité exceptionnelle et la technologie de pointe qu'elles représentaient à leur époque.
Le "Long Rifle" du Kentucky a été fabriqué pour la première fois en Pennsylvanie dans les années 1730 par des artisans immigrés allemands. Les historiens s'accordent généralement à dire qu'il s'agit de l'un des tout premiers véritables "fusils" (au sens moderne du terme). C'est d'ailleurs cette arme qui a joué un rôle décisif dans la victoire des colonies américaines lors de la Guerre d'Indépendance.
Avant l'apparition du Long Rifle, soldats et chasseurs devaient se contenter de mousquets lourds comme le "Brown Bess", l'arme de dotation standard de l'armée britannique avant et pendant la Révolution américaine.
Non seulement les mousquets étaient lourds et gourmands en poudre noire, mais ils étaient surtout notoirement imprécis.
Le Long Rifle du Kentucky, lui, changeait la donne. Il était fin, relativement léger par rapport à un mousquet et, surtout, il possédait un canon rayé (rifled barrel). Ces rayures imprimaient un mouvement de rotation à la balle à sa sortie du canon, stabilisant sa trajectoire et améliorant considérablement la précision. Un tireur d'élite pouvait atteindre une cible à près de 180 mètres avec cette arme. En comparaison, les soldats réguliers britanniques avaient du mal à toucher quoi que ce soit au-delà de 55 mètres.
Arme de chasse idéale pour l'époque, ce fusil est rapidement devenu indispensable pour survivre sur la frontière sauvage. Lorsque la guerre a éclaté, le général Washington a activement recruté ces hommes de la frontière (frontiersmen). Sur le terrain, ces unités portaient des tenues en peau de daim plutôt que l'uniforme militaire classique. Les troupes britanniques apprirent vite à se méfier de ces hommes en peaux de bêtes, capables de faire des ravages à des distances impensables pour l'époque.
Le général Washington en a d'ailleurs profité à plusieurs reprises, allant jusqu'à habiller certaines escouades de soldats réguliers avec des peaux de daim pour bluffer et intimider les Anglais.
La Gatling est considérée par beaucoup comme l'ancêtre de la mitrailleuse moderne. Mise au point par le Dr Richard Gatling pendant la Guerre de Sécession, elle a connu son baptême du feu avec l'armée de l'Union en 1864.
L'ironie de l'histoire veut que son créateur espérait que la létalité terrifiante et la précision de son invention feraient prendre conscience aux soldats — et à tous les Américains — de la folie de la guerre, décourageant ainsi les batailles à grande échelle.
La Gatling fonctionnait grâce à un ensemble de 10 canons rotatifs actionnés par une manivelle. Le chargement et le tir se faisaient automatiquement au cours d'une seule rotation : la gravité alimentait les canons en munitions pendant la première moitié du tour, et les douilles vides étaient éjectées pendant la seconde.
En 1866, l'armée américaine a adopté la Gatling comme arme standard et, très vite, chaque unité en possédait au moins une. Le général Custer et son célèbre 7ᵉ de cavalerie disposaient de deux mitrailleuses Gatling, mais ils prirent la décision fatale de ne pas les emporter lors de la désastreuse bataille de Little Bighorn.
La Gatling a servi pendant les guerres indiennes et la guerre hispano-américaine, avant d'être remplacée au début du XXᵉ siècle par la mitrailleuse Maxim, qui deviendra tristement célèbre lors de la Première Guerre mondiale.
S'il y a bien une arme de poing qui incarne l'Histoire, c'est le Colt Peacemaker.
Avant les années 1870, la plupart des revolvers fonctionnaient avec des amorces à percussion. Chaque fois que l'on pressait la détente, le chien frappait une capsule remplie de fulminate de mercure. L'étincelle produite enflammait alors une cartouche en papier contenant la poudre noire et la balle.
Le problème majeur était la fiabilité : à cause de l'humidité, les amorces faisaient souvent long feu si elles restaient trop longtemps dans l'arme. Des figures comme Wild Bill Hickok avaient pour habitude de tirer leurs charges en l'air chaque matin et de recharger des munitions fraîches pour minimiser le risque d'incident de tir.
Au milieu du XIXᵉ siècle, l'invention des cartouches métalliques à percussion centrale et annulaire a tout révolutionné. L'amorce, la poudre et la balle étaient désormais contenues dans un seul étui en laiton étanche, éliminant le besoin de tasser la poudre et la balle dans le barillet.
En 1873, Colt a développé un nouveau pistolet de calibre .45, le modèle M1873, surnommé "The Peacemaker" (Le Pacificateur). Quelques années plus tard, une version civile voyait le jour : le Colt calibre .44.
Cette arme est rapidement devenue l'une des plus populaires de la Conquête de l'Ouest. Son coup de génie ? Elle utilisait les mêmes munitions que le très populaire fusil Winchester modèle 1873. Ainsi, les chasseurs, les shérifs et les cow-boys n'avaient besoin de transporter qu'un seul type de munitions pour leur fusil et leur revolver.
La version militaire du Colt Peacemaker était si fiable qu'elle est restée l'arme de service officielle jusqu'à ce que le pistolet automatique de calibre .45 (le fameux 1911) la remplace à l'aube de la Seconde Guerre mondiale.
Mis en service en 1936, le M1 Garand fut le premier fusil semi-automatique de dotation standard de l'armée américaine. Tout comme l'AK-47 plus tard, ce fusil fonctionne par emprunt de gaz avec un piston à longue course. Son levier d'armement sert également d'assistance à la fermeture de la culasse. C'est une arme robuste, pesant entre 4 et 4,5 kg selon le type de bois utilisé pour la crosse.
À cette époque, la plupart des armées du monde utilisaient encore des fusils à verrou (bolt-action). Le passage au semi-automatique permettait au soldat américain de tirer beaucoup plus rapidement sans sacrifier la précision, lui donnant un avantage net sur les standards étrangers.
Le M1 Garand était facile à démonter, simple à nettoyer, durable et d'une précision redoutable à 100 mètres.
Il a été utilisé massivement pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Bien qu'officiellement retiré de l'inventaire américain en 1957, de nombreux soldats l'utilisaient encore au début de la guerre du Vietnam. D'autres pays ont continué à employer le M1 Garand jusque dans les années 1980.
L'industrie de l'armement est en perpétuelle mutation. Le développement et l'innovation ne s'arrêtent jamais. Récemment, l'armée américaine a même commencé à déployer des lasers — autrefois réservés à la science-fiction — sur ses navires de guerre pour contrer les missiles hypersoniques.
Qui sait quelle sera la prochaine arme à entrer dans la légende ?
Ben Jimenez est directeur marketing chez Concealment Express. En dehors du travail, Ben est un ancien Marine et un grand passionné de plein air qui pratique la chasse et le tir longue distance.
Un article invité signé Ben Jimenez.